K7 de Bellemou
Messaoud & Boutledja Belkacem sortie
chez l’édition Lazer.
Belkacem
Bouteldja, né le 5 avril 1951 à Oran, Algérie et mort dans la même ville le 1er
septembre 2015, est un chanteur de raï algérien, considéré comme le père du raï
moderne.
Pour
les amoureux de la trompette ils seront pas déçus, on a là les deux virtuoses
de la trompette deux monstres sacrés de la musique Rai, Gana El Maghnaoui que j’avais
déjà partagé ces k7, et Bellemou le miles davis de la pop rai, « Milouda» sortie chez l’édition
Cadic en 1987, il ne s’agit pas leur première collaboration leur connaissance
remonte au début des 70’s.
Messaoud
Bellemou, né en 1947 à Aïn Témouchent est un musicien algérien, qui a
grandement influencé le raï moderne à ses prémisses. Il est souvent surnommé à
ce titre comme le « père du raï moderne » d'abord comme trompettiste jouant par
la suite d'autres instruments comme le saxophone, le violon et l'accordéon. Il
est celui qui a fait la jonction entre l'ancestral guasba (la flûte) et la
trompette modernisant ainsi le raï traditionnel.
Messaoud
Bellemou est issu d'une famille de cultivateurs. À 10 ans, il montrait de très
bonnes aptitudes pour le clairon. Henri Coutan, professeur de l'école
municipale d'Aïn Témouchent, l'incita à rejoindre la fanfare locale. Pour le
professeur, il pourrait échapper au métier de cultivateur et devenir un
trompettiste. A cette époque de l'après indépendance, Messaoud Bellemou se rendait
dans tous les mariages pour assister aux concerts de raï rural, la forme du raï
traditionnelle avec flûte, guellal et percussion longiligne. Il allait voir
notamment les prestations de stars locales comme Cheikha Ouachma, Cheikha
Bekhta et Cheikh Brahim.
À 18
ans, Bellemou décide de jouer du raï réalise en remplaçant la flûte par la
trompette. De 1964 à 1968, il s'entête à reprendre les airs du blues oranais
interprétés depuis des siècles sur un roseau. Il est ainsi considéré comme le
créateur de la version pop du raï. Accompagné d'un groupe, il joue dans tout le
pays dans l'indifférence générale. Il recrute des musiciens comme Hamani
Hadjoum ou Younés Benfissa. Ils réalisent leur premier enregistrement, en 1973
à Oran, chez Zed el-Youm Édition : le 45 tours Sidi H'bibi qui est suivi d'autres
aux textes trop licencieux pour l'époque.
Dans
un village proche d'Aïn Témouchent, Bellemou découvre Sghir Bouteïba un
chanteur à la voix ample qui chante alors de façon allusive Ya moulat el-villa.
Des stars de la musique du raï l'estiment comme le meilleur chanteur-improvisateur
que le raï ait jamais connu.
En 1975,
sa troupe atterrit sur la corniche oranaise, dans la boîte mythique le Biarritz.
Le trompettiste y est ensuite rejoint par Belkacem Bouteldja. Jusqu'à 1982, le
raï de Bellemou attire le public de l'Ouest d'Oran à ses concerts.
Beaucoup
d'artistes s'en inspireront dans le pop raï notamment les chebs Khaled ou Cheb
Mami qui populariseront le genre.
Messaoud Bellemou is a musician from Algeria. He is
one of the most influential performers of the contemporary rai music in the
country. He is known as the father of rai music in the country. He started his
musical career with the playing of the trumpet, though soon he became popular
for the addition of the foreign musical instruments like the saxophone, the
violin and the accordion to the music genre. In the year 1974, he coined the
term pop-rai to explain the new generation of chebs and chebats, with the
introduction of new musical instruments in the country. He released one of the
first records of the new genre of music along with Belkacem Bouteldja.
Samir
Belkheïr, l’un des plus célèbres chantres du genre Sraoui qui a, en fait, inspiré
la plupart de ses chansons depuis le début de son parcours, il y a plus d’une
trentaine d’années. Plus connu sous le pseudonyme de Samir Staïfi, il est sans
doute le chanteur sétifien le plus en vogue et a prouvé, à 54 ans, lors de la 3e
édition du Festival international de la chanson arabe de Djemila, en juillet
dernier, que sa forte présence sur scène et la puissance de sa voix demeurent
intactes et toujours aussi entraînantes pour un public amplement acquis. Il
faut dire que depuis la diffusion, en 1979, d’une cassette contenant son
premier grand succès, "El Aâzba Staïfia", Samir Staïfi est devenu, de
par le nombre impressionnant de "tubes" qu’il a enregistrés, une
véritable icône de la chanson sétifienne. C’est qu’il est aujourd’hui difficile
d’évoquer le Sraoui et le genre "Staïfi" sans faire référence à cet
artiste, qui a su s’imposer, a l’expert comme au profane, comme un authentique
ténor dont la voix aux trémolos chevrotants, tire sa vigueur de ce chant dont
les complaintes ont longtemps fait écho aux gémissements du vent sur les hautes
plaines. Même s’il se défend d’avoir eu qui que ce soit comme modèle —"je
me suis fait moi-même", clame-t-il fièrement, — Samir cite tout de même
Cheikh Toumi dont les premières mélodies inspirèrent la majorité des succès les
plus connus du genre sétifien, a l’image de "Khachit Bab Stif" de
Yahia El-Hadi. Il s’est pourtant imposé très tôt et malgré la rude concurrence
des années 1970 avec les Khier Bekakchi, Mustapha Allel, Tahar Gouffi, Saïd
Mehentel et le regretté Nouredine Staïfi. Aujourd’hui reconnaissant, Samir
insiste pour rendre hommage aux deux anciens orchestres sétifiens, Es-Saâda et
En-Nasr. Leur apport dans l’orchestration de complaintes Sraoui, de tout temps
interprétées a capella (sans instruments), et leurs efforts pour faire garder
toute sa spécificité au genre "ont été déterminants pour le développement
de la chanson sétifienne", avoue t-il sans omettre d’évoquer le regretté
l’artiste Abbès Rezig, "un chantre passionné de la culture et des
traditions locales", qui mit le pied à l’étrier à de nombreux jeunes
artistes. Samir Staïfi tient aussi à mettre à l’honneur les musiciens Nacir
Guidoum, Youcef Amouchi, Mabrouk Attar et Abdelkader Djilali lesquels, admet-il,
"ont largement contribué au succès de quelques unes de (ses) chansons les
plus connues et les plus reprises à la radio". Avec plus de trois cents
chansons interprétées, il est de loin l’artiste le plus prolifique du côté des
hauts plateaux. Beaucoup de ses couplets figurent parmi les plus fredonnés dans
tout le pays : "Khali ya khali", "Kahlouchi", Khatem sobeï",
"Harat Zemmour el âalia", "Moulechache", "Ouaynek ya
Aïn El Fouara" ou "Meddi yadek lel’henna" et bien d’autres. Cinquantenaire
endurci, la silhouette bien présente sur les plateaux de la télévision, ignorant
le poids des ans, toujours disponible et enthousiaste, Samir n’est cependant
pas dupe des menaces qui pèsent sur la chanson sétifienne qui tend, trouve-il, à
s’éloigner peu à peu de ses racines, c’est-à -dire le Sraoui, quoi que l’on
dise. "Vous savez, lance-t-il les yeux brusquement pétillants, la vraie
chanson sétifienne, ce sont trois éléments fondamentaux : la voix du chanteur, la
zorna ou la chekoua (cornemuse locale) et enfin la Tabla (sorte de tambour au
timbre percutant). Or, de nos jours, de nombreux jeunes chanteurs sétifiens, en
s’appuyant principalement sur le synthétiseur et les effets électroniques qui
modulent la voix, perdent, à cause de cette dépendance, une bonne partie de
leurs moyens sur scène ou en dehors des studios d’enregistrement". Heureusement,
se réjouit-il, quelques jeunes interprètes, comme Cheb Wahid, Lyamine Bellounis
et Fayçal Rahmani "tiennent à suivre la vraie voie du chant sétifien".
Né peut-être d’un cri, le chant Sraoui a véhiculé, précisément, le cri de
douleur des femmes de cette région, à la fin des années trente, lorsque leurs
enfants leur furent brutalement arrachés par l’armée coloniale pour être
conscrits de force. "El machina el kahla" ou "le train noir",
ce lugubre convoi où l’on entassait la chair à canon algérienne, en est une
illustration. Interprété également, à gorge déployée, lors des fêtes familiales,
ce chant puissant qui ne s’accommodait, à l’origine, d’aucun instrument musical,
repose sur la puissance de la voix et la force du souffle de son interprète.