Abdelmadjid Meskoud - El Aassima (1989)
Le chanteur de L'hymne national d'Alger tire sa révérence
La scène artistique nationale a perdu, jeudi dernier, une de ses figures les plus emblématiques. Artiste aux multiples talents, chanteur, comédien et animateur à la Radio algérienne, Meskoud a profondément marqué la scène musicale et l’esprit de nombreux mélomanes. Son immense succès «YaDzayer Ya El Assima» demeure encore son titre le plus emblématique.
Né le 31 mars 1953, dans le quartier d’El Hamma, à Alger, cet artiste autodidacte découvre,très tôt, sa passion pour la musique et le théâtre. En 1969, il commence à jouer de la guitare tout en faisant ses premiers pas dans la comédie au sein de la troupe Mohamed Touri, dirigée par Mohamed Tahar Benhamla, avant d’intégrer la Troupe du Théâtre Populaire (TTP) animée par Hassan El-Hassani.
L’authenticité au service du patrimoine
Discret et profondément attaché aux valeurs et traditions, Meskoud a toujours cultivé l’image d’un artiste proche du peuple, généreux et accessible, comme en témoignent ses pairs. Tout en exerçant le métier de comptable à l’hebdomadaire Algérie Actualité, il est resté fidèle à un art authentique et engagé. Malgré une longue absence de la scène provoquée par un AVC survenu en 2016, il a conservé l’estime du public et l’image d’un artiste sincère et respecté.
Le commissaire du Festival national de la chanson chaâbi et chercheur en patrimoine musical algérien, Abdelkader Bendamèche, a rappelé que «Cheikh Abdelmadjid Meskoud faisait partie d’une génération d’artistes qui a préserver l’authenticité du patrimoine musical algérien, tout en lui donnant une dimension humaine et sensible». «Son parcours témoigne d’une profonde fidélité aux valeurs artistiques héritées d’anciens maîtres. Interprète raffiné, il accordait une grande importance à la qualité du verbe, au respect des modes musicaux et à l’élégance de l’interprétation», a-t-il ajouté.
Evoquant ses souvenirs, Bendamèche confie l’avoir connu au début des années 1970, lorsqu’il faisait partie de la troupe du Théâtre populaire dirigée par Hassan El-Hassani. «Nous nous retrouvions également chez notre ami commun Cheikh Mohand Rachid, grand compositeur de poésie melhoun. Nous appréciions aussi ses précieuses interventions sur la Chaîne 3 aux côtés d’Ammi Mourad lors de l’emission «Layali Doumin». Aimable, disponible et généreux, il dégageait une grande fierté et un amour incommensurable pour l’art», témoigne-t-il.
Responsables et artistes saluent sa mémoire
La dépouille de l’artiste a été inhumée, jeudi dernier, au cimetière d’El Alia à Alger, en présence de personnalités politiques et du monde artistique et d’une foule nombreuse, tous venus accompagner le défunt à sa dernière demeure. Le conseiller auprès du président de la République chargé de la direction générale de la communication à la présidence de la République, Kamel Sidi Saïd, a indiqué que la disparition de l’artiste Abdelmadjid Meskoud constitue une «immense perte» pour la chanson chaâbi en Algérie.
Ayant accompagné le défunt à sa dernière demeure au cimetière d’El Alia, à Alger, Sidi Saïd a tenu à exprimer ses sincères condoléances à la famille du défunt et à la famille artistique, rappelant le parcours «singulier» de l’artiste Abdelmadjid Meskoud, marqué par la «polyvalence des genres musicaux», tant dans l’univers de la chanson chaâbi avec son immense succès «Ya Dzayer ya l’Assima» que dans le théâtre, le cinéma, la radio ou la télévision.
Citant quelques-uns des titres phares du riche répertoire qui a jalonné de succès la carrière d’Abdelmadjid Meskoud, à l’instar de «Al Assima», «Ouled el houma», «Belcourt» ou encore «Mektoub Rabi», Sidi Said a rendu hommage à «un artiste complet et à une voix singulière».
Plusieurs artistes, dont les chanteurs Sid Ali Driss, Nasreddine Ghaliz, Nacer Mokdad, Sadek Djemaoui et les comédiens Mustapha Ayad, Abdelhamid Rabia, Brahim Chergui, Amine Abdelli, Djamel Bounab, Sid Ali Bensalem et Brahim Rezzoug ont rappelé les qualités de l’«homme chaleureux et jovial» et du «chanteur chaâbi aux multiples facettes». Sid Ali Dris, sur les lieux, a évoqué «un ami et une source d’inspiration : « C’était quelqu’un de très humain, aux qualités reconnues. J’ai beaucoup appris à ses côtés». Il regrette que la maladie l’ait éloigné de la scène artistique durant plusieurs années. «Avec sa chanson «El Assima», Meskoud a apporté un souffle nouveau à la chanson chaâbi, en abordant un sujet d’actualité et une réalité concrète, même si cela n’a pas toujours été apprécié par tout le monde», a-t-il ajouté. Selon lui, l’artiste «a apporté une véritable richesse au répertoire musical chaâbi». «Meskoud était une personne chaleureuse qui aimait la vie et le rire. «C’était un artiste complet, à la fois excellent interprète et remarquable parolier», a-t-il conclu avec une émotion perceptible.
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