Apparemment
Kouider Ben Said a un sérieux problème avec son maçon jusqu’à en faire un titre
clash contre lui, il a revisité deux titres reprise de « Gatlek Ziziya »
et « Bakhta » pas mal comme album fidèle à son style hardcore.
Relégué
injustement au rang de second couteau, Kouider Bensaïd reste à 45 ans le grand
frère de la musique raï. Dans le langage oranais, on le désigne comme ayant
toujours été un «fhal» (un homme qui ne mâche pas ses mots). A l'époque où le
raï était un blues chanté par des adolescents marginaux (dans les années 70), Kouider
Bensaïd jouait du poing pour défendre les Cheb, ces jeunes et précoces ténors. Sept
ans de silence. Cet homme à la carrure de déménageur, blagueur invétéré, a été
oublié sur le quai d'Oran lorsque cette musique a pris le train de la
consécration internationale, à destination du festival de Bobigny en 1986. «Je
devais venir à Paris avec Khaled. Le colonel Snoussi (chargé par le pouvoir
algérien de la diffusion du raï, ndlr), nous a dit que c'était pour notre bien.
Mais, moi, j'ai voulu être payé tout de suite.» Récemment, lors d'une rencontre
dans un cabaret parisien avec un ancien de ses protégés devenu une célébrité, il
s'est entendu dire «salut le doyen». Entre Oran hier et Paris aujourd'hui, Kouider
Bensaïd s'est fait une raison. Etre le chef de la bande du raï, sans la
popularité. Après sept années de silence, dues apparemment à un contrat mal
ficelé qui le défavorisait, Cheb Kouider se trouvera dimanche sur la scène du
Zénith, grâce à la fidélité du producteur Saïd Dadouche, qui remonte à 1983.
Le 29
septembre 1994, juste avant le déjeuner, il palabrait avec Cheb Benchenet, devant
chez lui à Oran: «Une ambulance est passée à toute vitesse, puis un
motocycliste s'est arrêté à ma hauteur et m'a crié: "C'est Hasni (chanteur
de raï, ndlr) qui est dedans, ils l'ont tué. A l'hôpital, Hasni, allongé, était
habillé d'une chemise blanche, le bras tendu avec une gourmette dans la paume
de sa main», raconte Kouider Bensaïd dans un bistrot kabyle, avant de plonger
dans le silence. Répétitions en bus. Né en 1952, Bensaïd est le fils d'un
ancien combattant qui a servi dans l'armée de 1914 à 1928. A Oran, dans son
quartier du plateau Saint-Michel, c'est en 1967, dans un mariage, que des
copains supplient le chanteur Senhadji, un précurseur du raï, de laisser une
chance à Kouider qui leur chantait en yaourt les succès des comédies musicales
indiennes. «C'était l'époque des bongos, de l'accordéon, de la derbouka et de
la guitare électrique. Senhadji m'a pris dans son orchestre. Comme il était
chauffeur de transport public à Oran, on faisait des répétitions durant les
pauses, dans son bus.» Kouider Bensaïd est déjà un chanteur confirmé, notamment
dans l'orchestre de Bellemou lorsque les Khaled, Sahraoui, Mami, Benchenet
commencent à émerger. La biographie de ce grand frère porte d'ailleurs un rude
coup à celle du raï officiel, qui situe ses débuts en France en 1986. Dès 1978,
Kouider Bensaïd a bourlingué avec ses musiciens préférés, les fameux frères
Naoui, entre Marseille, Perpignan, Paris et Lyon pour animer les fêtes. Il
raconte: «Un jour, dans un café à Belfort, il y a même eu un immigré algérien
qui a mis une pièce sur le plateau et m'a demandé de chanter en arabe».